Long parcours d’un webdesigner

01/03/2013 | 6 minutes de lecture

J’ai eu la chance de grandir avec l’essor d’Internet, de voir cette technologie, qui a transformé nos vies, lentement apparaitre, d’abord trainante à travers des modems bruyants (j’avoue ça me manque un peu) suivi par l’apparition progressive de l’ADSL (DU 1MBPS DE FOU MALADE) pour ensuite voir la technologie rentrer dans une course effrénée, transcendant mon petit monde.

L’ordinateur m’a émerveillé dès que j’ai eu les mains dessus (vers 9 ans si je me souviens bien, vous m’excuserez c’est un peu flou à cette époque), m’amusant sur la première version de SimCity, sur des jeux MS-Dos (Alone In The Dark, Monkey Island  …), découvrant les joies du traitement de texte (petite pensée pour ma prof de 5e primaire qui a été la première à m’apprendre les règles de dactylographie.), commençant à passer des soirées entières en LAN party sous Starcraft & Age of Empires (:’)), devant des parents ne comprenant pas très bien ce que leurs gosses pouvaient bien trouver à ces étranges machines (ça c’était AVANT que j’initie mon père à Age Of Empires !).

J’ai continué à grandir avec cet ordinateur au gré de mes études, enfilant mes secondaires (quelle jolie période pourrie les premières années \o/) et commençant des études supérieures (en Langues & Littératures Romanes… ça fait peur hein ?). C’est à cette époque que j’ai commencé à creuser Internet plus en profondeur. Piochant ça et là des informations dans des magazines (L’Officiel du Net, [email protected], …), j’ai commencé à construire mes premières pages web (heureusement tout a disparu, mon honneur est sauf !) et peu à peu mes premiers sites (pour des connaissances, pour moi, …).

Les études

A cette époque, je ne savais pas qu’il existait des études de graphisme, c’est une amie, qui suivait les cours de bande-dessinées à Saint-Luc Liège (Coucou Céline ! ) qui me l’a appris, me poussant à mettre les pieds dans cette école artistique. Quasi immédiatement,j’abandonnais mes études universitaires, et m’inscrivait.

J’avais soif d’apprendre, mais d’une nature assez impatiente, je ne trouvais pas très bien ma place dans le milieu du graphisme. Même si certains cours m’intéressaient vraiment (typographie, mise en page, histoire de l’art & du graphisme principalement), d’autres me donnaient des cauchemars (packaging, acrylique, …) et la pauvreté des cours d’infographie me désespéraient. Bien sûr j’apprenais à utiliser la gamme Adobe, mais jamais on ne s’approchait de ce magnifique monde virtuel…

Encore aujourd’hui, je me demande pourquoi il existe un tel fossé entre les technologies du web et l’enseignement belge. Pourquoi tant d’années de retard ? Pourquoi sortir des armées de graphiste sans la moindre base à ce niveau là, alors que le marché du travail est en forte demande de tels capacités ? On pourra me rétorquer que le graphisme et le webdesign sont deux mondes différents (ce que je ne pense pas, tous deux partagent énormément de points et une forte base commune), mais face au manque d’études de webdesign à proprement parler, ne faudrait-il pas donner aux élèves graphistes les armes pour affronter ce monde du travail ?

Face à ce constat, je suis donc retourné à mes fouilles, achetant quelques livres ça et là, farfouillant plusieurs sites (comme Open Classrooms, quel que soit le mal qu’on en dit, j’y ai appris beaucoup.), et faisant mes premiers pas dans le monde des CMS (systèmes de gestions de contenu) (surtout sur Wordpress, qui reste mon gros coup de coeur). Au fur et à mesure de mes apprentissages, je dépassais les maigres bases que je pouvais trouver dans mes cours d’infographie. Ainsi, alors que l’on commençait à appréhender Flash, j’avais déjà le regard tourné vers les possibilités offertes par HTML5, CSS3, Jquery, … Pendant que l’on peinait à réaliser de courtes animations, je me passionnais pour l’accessibilité, l’ergonomie, l’organisation de l’espace d’une page web, et les nouvelles méthodes de l’appréhender avec ce bouleversement qui venait d’arriver :l’iPhone.

Les débuts dans le monde du travail

Tant bien que mal j’ai fini mes études de graphisme, en ne me donnant pas réellement à fond. J’avoue que j’ai de gros problèmes à donner mon maximum quand je n’arrive pas à satisfaire ma soif dans quelque chose prenant allègrement 70% de mon temps. J’ai fait un petit job étudiant en tant que graphiste chez Partena, avant de rejoindre Generali en tant que digital designer interne (on aime bien les titres un peu flous dans les grosses boites).

Sur le côté, je continuais à me documenter, à pousser mes recherches plus en avant, à refaire mon site personnel une vingtaine de fois (éternel insatisfait. Soyez heureux, le design de ce site vient de passer sa première année et j’en suis toujours très heureux même si je continue à l’améliorer continuellement ! ), à faire quelques travaux pour des gens à côté.

Quand Serial Designers m’a offert une place de webdesigner, j’ai sauté dans le train en marche (merci Emilie, Fabien, Greg, Raphaël, Charlotte, …) et je me suis retrouvé tout d’un coup dans la cour des grands. Soudainement je me retrouvais comme un poisson dans l’eau (même si sous stress) à développer des solutions avec divers CMS, m’acharner sur des templates e-mail (HORREUR), faire mes premiers pas en design fluides, … J’ai ensuite fait une courte expérience en tant qu’Art Director, sur laquelle je ne m’attarderai pas (on va éviter de ressasser des mauvais souvenirs. Un jour je ferai un post sur l’intégralité des mauvais choix que j’ai fais dans ma vie.) pour finir à mon poste actuel en tant que webmaster chez Mobistar.

Un regard vers l’avenir

Je n’ai que 25 ans, et beaucoup de chemins s’offrent encore à moi. Je sens de plus en plus que j’ai envie de m’orienter vers le domaine du front-end, en améliorant mes capacités actuelles mais surtout en comblant mes lacunes en code. L’expérience utilisateur et l’accessibilité me passionnent elles aussi, ainsi que l’essor du web multi-écrans. Je ne sais pas où la vie me mènera, mais ce qui est sûr, c’est qu’il m’aura fallu beaucoup de temps pour réussir à trouver ma place. Manque d’études adaptées, manque de contenu, retard technologique, …

A l’heure actuelle je ne sais pas si ce problème se trouve juste en Belgique où si on le retrouve un peu partout dû à la vitesse à laquelle se sont développées ces technologies (l’enseignement n’étant pas exactement réputé pour évoluer rapidement…), mais je reste attristé quand je me retrouve face à des “jeunes” (comment te faire sentir vieux con en une phrase) me demandant quel chemin ils doivent emprunter pour se diriger vers le webdesign.

Même si certaines écoles commencent à offrir des cursus web (Albert Jacquard par exemple), et que la Wallonie bénéficie d’un centre de compétences assez doué (le Cepegra</a>), force est de constater que l’offre, en plus d’être maigre, n’offre pas encore une formation suffisante face aux demandes des entreprises (il semblerait cependant que les choses s’améliorent en Flandres). Dès lors, quel que soit le chemin que vous déciderez de prendre (des études de graphisme restent une bonne idée, car elles fournissent une base théorique extrêmement importante), il n’y a qu’une seule chose que je pourrais conseiller à l’heure actuelle : apprenez sur le côté (et bordel apprenez l’anglais si vous voulez pouvoir faire ce boulot !).

Internet regorge de ressources, en cherchant vous trouverez tous les tutoriels possibles et imaginables. En mettant bout à bout toutes ces sources, vous finirez par vous constituer une base suffisamment solide. Le webdesign est cependant un secteur qui évolue chaque jour à une vitesse folle, dès lors préparez vous à rester constamment à jour;)