L'HTML c'est bien, mangez en

03/12/2013 | 2 minutes de lecture

Si de plus en plus de graphistes sortent tout doucement leurs nez du print pour s’aventurer dans le web (ce qui est bien), force est de constater que ces incursions se révèlent néanmoins très prudentes, et cantonnées aux logiciels de la sacro sainte gamme Adobe. On aura beau le répéter, le fait qu’un site internet ne soit pas une feuille de papier semble toujours avoir du mal à passer, et je remarque avec tristesse que pas mal des “contraintes” du web sont joyeusement bafouées au nom de la créativité, “pour ne pas faire comme tout le monde”. Et si la créativité fait partie intégrante du travail d’un graphiste, beaucoup semblent souvent privilégier la forme à la fonction.

Ainsi des règles d’accessibilité ne sont pas là pour brider la créativité, mais bien là pour aider l’utilisateur (faut-il rappeler qu’un design avant d’être beau doit être utile et remplir sa fonction ?). Si l’on retrouve souvent le menu d’un site au même endroit, si les liens sont soulignés, si l’on évite de mettre 5 photos de 20Mb sur une page d’accueil, ce n’est pas pour “bloquer” la créativité, mais pour que l’utilisateur moyen s’y retrouve et parvienne à utiliser le site (site qui doit souvent remplir certaines exigences, faire des ventes, …).

A mes yeux une expérience web se retranscrit sur beaucoup de niveaux : accessibilité, contenu, apparence, portabilité, interaction, … Et c’est là que le bât blesse. Je reste en effet persuadé qu’il est impossible de faire un travail de design correct sur une maquette Photoshop / Illustrator, car c’est alors faire l’impasse sur une multitude de détails ayant beaucoup d’importance : affichage, interaction, transition, … Qui relèvent tout autant, à mes yeux, du travail du designer. Toute la beauté d’un site réside dans le fait qu’il interagit avec l’utilisateur, qu’il vit, qu’il n’est pas un papier imprimé statique et immuable.

Alors si je ne pense pas qu’un graphiste doive absolument savoir coder (en php ou autre), je reste persuadé que s’il veut s’aventurer dans cette magnifique contrée que sont les Internet, cela ne peut se faire qu’en apprenant les outils le composant : HTML & CSS. Ne pas apprendre ces deux langages équivaut à refuser à comprendre le principe d’une grille de mise en page, à nier l’importance d’un équilibre visuel, … Ce duo ne relève ainsi pas, à mes yeux, du code, mais plutôt d’outils, de système de grilles, de styles, … toutes ces choses que l’on retrouve dans la gamme Adobe sous de petits panneaux.

Car en apprenant ces outils on prends conscience de leurs limites, mais surtout de ce qu’ils peuvent faire et apporter à un projet. Et si dans toute formation de graphisme l’ont est amenés à essayer pleins d’outils différents (mes doigts se souviennent de la lino), je ne comprendrai jamais pourquoi beaucoup refusent totalement d’apprendre les bases de quelque chose qui n’est, en conclusion, qu’un outil supplémentaire.