À l'encre bleue aux vertus sympathiques

08/08/2012 | 2 minutes de lecture

Ou comment je suis à nouveau tombé en amour avec ce que l’on appelle communément “le print” (opposé au “web” donc). Et pourtant ce n’était pas gagné, car après quelque temps à ne faire que du virtuel, j’avoue que l’imprimé me tentait de moins en moins (voir plus du tout).

Alors que mes études étaient extrêmement (voir à peu de choses près uniquement) consacrées au print, je n’étais pas vraiment attiré par ce domaine, restant très attaché à l’ordinateur et à ce qui y était afférent. Alors bien sûr j’ai bossé sur le print, mais est-ce qu’on peut vraiment appeler ça comme ça quand nos seuls contacts avec des imprimeurs se résumaient à des magasins de photocopies ou à peine plus évolué? Résultat, pour moi le print ne “vivait” pas, il restait plat, sans réel intérêt, terne et inerte.

Il a fallu que je sorte de mes études pour découvrir à quel point le print pouvait être intéressant. Découvrir des techniques d’impressions artisanales, mais aussi découvrir des fournisseurs de papiers, des vrais. Car oui c’est très chouette de visiter une grosse imprimerie, mais pour des études de graphisme, où sont les découvertes de typographes? de sérigraphes?

Et se rendre compte qu’entre le papier avec lequel j’avais du bosser et ceux que je découvrais, il y avait un monde de différences. Le point déclencheur de tout cela a été la découverte d’échantillons du papier/carton Macho de chez Igepa (et ceci n’est pas un post sponsorisé je le jure!). En un coup je me suis rendu compte que des techniques pareilles existaient, chez nous, après des années à voir des exemples venant des USA et à devoir sans cesse se dire que ce ne serait pas réalisable ici.

Et de fil en aiguille, via la naissance de Pillows Factory (où nous nous sommes empressés de tester rapidement ces papiers d’ailleurs), j’ai tout doucement repris goût au print. A sa clarté, au contact du papier, à sa personnalité, … Et de découvrir des tonnes de réalisations entre via Pinterest (qui ne sert donc pas qu’à partager des objets inutiles :P).

Bien sûr ça n’a pas été facile, car pour beaucoup d’imprimeurs, les graphistes sont des emmerdeurs en puissance (j’avoue), à vouloir expérimenter, sortir des sentiers battus, tenter des hérésies, forcer à recalibrer des machines. Et il a fallu du temps pour trouver des personnes avec qui bosser, aussi passionnées, désireuses d’en faire plus, de sortir des sentiers battus, pour enfin avoir la joie de déballer les cartons reçus de l’imprimeur et découvrir notre travail qui soudain prenait vie, le toucher, s’émerveiller de petites imperfections et imaginer en un coup plein de choses.

C’était aussi découvrir l’existence de papiers “halal”, de papiers faits avec des matériaux très différents (algues, minéraux, caoutchouc, bambou, …), chacun avec sa personnalité, sa tonalité, et son toucher unique. Et soudainement, avec le recul, se dire qu’on est passé à côté d’un monde splendide pendant des années, et tout tenter pour rattraper ce temps perdu…